Tuto Mosaïque de Faïence

Le Matériel.

Carreaux de faïence:

Des carreaux de faïence murale de 3 à 4 mm d'épaisseur seront parfaits. Il y a quelques années, les magasins de bricolage refusaient de les vendre à l'unité, maintenant, certains ont des produits très adaptés (un peu de pub, juste )

Vous pouvez utiliser des faïences récupérées (souvent assez pauvres en couleurs) ou pourquoi pas des assiettes, mais je n'ai jamais essayé, alors je n'en parlerais pas (trop) ici.

Quoiqu'il en soit, il est préférable de choisir des carreaux de faïence murale d'une épaisseur inférieure à 5 mm.

 Les carreaux de grès sont souvent plus épais, jusqu'à 7-8 mm.

Choisir une épaisseur de 3-4mm  a deux avantages:
- Limiter les ampoules aux mains, qui arrivent en utilisant une pince japonaise les premières fois. Impossible d'y échapper.
- Limiter le poids total de l'objet final. Ça monte très très vite.









Peigne à colle:
Le principal souci avec la mosaïque, surtout quand il s'agit d'un plateau de table, c'est d'avoir une surface plane. Les petits dénivelés peuvent être gênants quand on pose des verres.
Le peigne à colle est un des outils qui permettra d'avoir une surface plus homogène.
L'idéal est d'en avoir un petit, et de bien le nettoyer après utilisation.

Colle à carrelage:

De la colle à carrelage mural classique fera l'affaire. Je l'ai essayée sur du bois, du métal et ça tient toujours, que le support soit poreux ou pas, tant qu'il est propre.

Marteau ou Pince Japonaise.

Quelque soit l'outil choisi, je conseille de porter des lunettes de protection, ainsi que des vêtements adaptés. La mosaïque crée de la poussière, attendre peut-être la belle saison pour aller jouer dehors...

Un petit coup d'oeil à ce que donne la casse avec le marteau :


Le marteau donne des formes très aléatoires, et la mosaïque ressemble davantage à un puzzle. Il y a peu de morceaux réguliers et je pense en plus qu'on a tendance à utiliser plus de carreaux.
En appartement, c'est à déconseiller... parce que c'est bruyant!
La casse au marteau a un autre inconvénient: elle ébrèche les carreaux.

Je ne trouve pas ça très joli... vous l'aurez sûrement compris, je ne suis pas une adepte...






La pince japonaise a des bord plats renforcés. C'est vraiment un outil adapté à la mosaïque. Le puzzle devient beaucoup plus facile quand on peut découper les pièces...
Là encore la découpe sera légèrement aléatoire, ce n'est pas de la coupe au laser!
Une pince coupante classique pourrait faire l'affaire, mais souvent, ses rebords sont abimés, ce qui provoque des traces sur les pièces de faïence.
Investir dans une pince japonaise peut paraître excessif (environ 15€), mais rien ne dit que vous n'y prendrez pas goût.








Il est temps de commencer la mosaïque proprement dite avec la mise en place et le collage des morceaux.

Première technique
(celle exposée dans l'émission D&CO dont je parlais et qui ne m'a pas convaincue)

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Sur un support propre et sec, j'étale la colle avec le peigne à colle d'une manière aussi régulière que possible. Si la colle est un peu dure (vieux pot), il ne faut pas hésiter à y ajouter un peu d'eau et à bien la mélanger.
Ensuite, je pose les morceaux un à un, en faisant attention à faire laisser un espace homogène entre les carreaux (de 1 à 4 mm). Comme la mosaïque est très gourmande en joint, ce sera déjà beaucoup.

Au bout de 30 minutes, ça se complique: la surface de la colle a séché, les morceaux n'adhèrent plus autant.
Que faire?
A moins de se transformer en Speedy Gonzalès, il y peu de chance d'être plus rapide que la colle. Et encore, j'ai fait ce tuto dehors en hiver avec une température moyenne...

Rajouter de la colle? la mosaïque va être alors pleine de creux et de bosses et je parle pas des taches de colle sur la surface et des joints pleins.

Non décidément, cette technique ne me convient pas pour réaliser une mosaïque sur une surface plane.
Par contre, pour réaliser une mosaïque sur une surface pleine de creux et de bosses, elle sera parfaite en mettant un peu de colle sous chaque morceau. C'est la technique à utiliser aussi quand on veut utiliser des morceaux d'assiettes.


Deuxième technique pour surface plane (poreuse ou non)
(la mienne)
On reprend les mêmes + 1 et on recommence.


Vos yeux de lynx l'avaient sûrement noté lors de la première partie de ce tuto... Je n'ai pas encore parlé de ce rouleau de ruban adhésif. Ce ruban, c'est  la version transparente du  "duct tape" ou "duck tape", à la fois résistant et super collant. J'ai essayé de le remplacer par de l'adhésif transparent pour les colis, mais ça ne colle pas assez.

Cette fois, pas de colle... pas tout de suite. Je pose mes petits morceaux comme tout à l'heure... quand j'en ai 2 ou 3, je sors mon arme magique:

Il est facile à déchirer à la main... il suffit de le coller délicatement sur les pièces, et de continuer comme ça..

Au bout d'un moment, ça finit par ressembler à ça:

Comme je n'allais pas passer ma journée à faire de la mosaïque pour ce tuto, voici l'étape suivante:
J'encolle mon support:

et je pose ma plaque de mosaïque délicatement. Je presse et je laisse sécher.
Cette fois, la colle ne sera pas sèche avant que j'ai fini.
Il faut bien entendu laisser l'adhésif en place pendant au moins 24 heures, le temps que la colle soit bien sèche. Je n'aurais plus qu'à le retirer délicatement avant de faire mon joint, mais ça ce sera dans le prochain épisode...

Troisième technique : surface plane en bois neuf: médium, contreplaqué, aggloméré, bois brut...

J'ai fait des essais et je me suis aperçue que ce qui marchait pour les Emaux de Briare fonctionnait aussi avec la faïence murale : il suffit d'utiliser de la colle blanche à bois prise rapide.  C'était tellement simple que je n'y avait pas pensé! En mettant une petite noisette de colle sous chaque morceaux, ça marche très bien. La prise rapide permet une stabilité de l'ouvrage en quelques dizaines de minutes.

Sur un support sain (non peint, non ciré et donc poreux), la colle prend bien. Sur le mélaminé, même poncé, je ne suis pas aussi sûre de la durabilité dans le temps. Des essais sont à faire... les commentaires sont les bienvenus.

Un autre détail concernant le support : ne pas laisser une mosaïque réalisée sur un support en bois à l'extérieur: le bois va gonfler avec la pluie et faire éclater la mosaïque. Prudence, donc.
De la même façon, l'utilisation de bois brut peut aboutir à des surprises lors du vieillissement...

C'est collé, il est temps d'ajouter la touche finale : le joint!

Quel joint pour quelle mosaïque?

Dans le commerce, le joint de carrelage se présente sous deux formes principales: en poudre ou en pâte. En dehors des considérations de prix, quelques aspects sont à prendre en compte :
  • le joint en pâte est directement utilisable et il n'y a pas de problèmes de préparation. Il peut par contre moins bien se conserver dans le temps, puisqu'un défaut d'étanchéité peut le faire durcir assez rapidement.
  • le joint en poudre est à préparer : ce qui pose parfois des difficultés de dosage. Par contre, les poudres sont miscibles entre elles pour obtenir des coloris différents et ne vous fiez pas ce qui est marqué sur la boîte: hermétiquement fermé, vous pouvez le conserver des années (quitte à le passer au tamis)
Le choix de la couleur est primordial à mon avis.
Voici donc la même mosaïque réalisée avec 3 couleurs de joints :

Joint rouge : utilisation d'une couleur contrastée, non présente dans les morceaux.
Le contraste entre les morceaux et le joint donne un aspect vif, qui est personnellement mon préféré, parce qu'assez inattendu. Les morceaux paraissent un peu plus clair dans ce bain rouge. Ce mélange est coloré et lumineux.

Joint cuir : utilisation d'une couleur neutre.
Le choix d'un joint neutre permet de mettre en avant la couleur des morceaux, tout en restant très sobre.

Joint blanc : utilisation d'une couleur présente dans la mosaïque.
La même couleur se retrouve dans les morceaux et le joint : le motif blanc se fond dans la mosaïque. Ce choix peut être intéressant pour faire ressortir un motif ponctuel (voir plus bas), par contre, je le déconseille fortement pour une grande surface. L'interêt de la mosaïque est justement la vibration créée par les moceaux séparés, ce serait dommage de les faire disparaître dans un fond uni.

Préparation du joint en poudre :

Les proportions sont toujours données pour des grandes quantités.
Je conseille d'utiliser 2,5 à 3 vol. de poudre pour 1 vol. d'eau.

Le touillage est toujours un peu complexe au départ, la poudre n'étant pas spécialement hydrophile.
Je n'utilise pas trop la spatule (dans la vraie vie)
On doit arriver à une texture à mi-chimin entre ces deux photos : ni trop dure, ni trop molle. (La pluie m'a empêchée de faire ce que je voulais pour les photos!)
Si le joint est dur, il sera foncé et comblera bien les espaces (parfait pour la mosaïque)
S'il est trop mou, il se rétractera trop au séchage, créant des petits sillons. La couleur sera délavée.
S'il est vraiment trop liquide, il sera friable.

La réalisation du joint :
J'étale le joint à la main, tranquillement, il faut que les espaces entre les morceaux soient pleins. Je déconseille  l'utilisation de "raclettes" en caoutchouc : les bords sont des morceaux sont coupants : les morceaux de caoutchouc peuvent se retrouver pris dans les joints.

Une fois que c'est fait, on n'y touche plus pendant environ 30 minutes, mais cette durée peut varier en fonction des conditions atmosphériques et de la "concentration" de la pâte.

Une fois que le joint a pris (il a durci au-dessus des carreaux, sans être totalement sec), il faut faire apparaître les joints. Pour cela, j'utilise une vieille éponge et de l'eau, mais j'ai appris par une lectrice de ce blog qu'on pouvait aussi le faire simplement à la main (technique que je n'ai pas essayée). Toute l'astuce consiste à enlever l'excès de joints sur les morceaux en ne les creusant pas. A la fin, la mosaïque n'est plus recouverte que d'une sorte de voile poudreux qu'il n'y aura plus qu'à enlever, une fois les joints secs, avec un chiffon doux.

La gaffe à éviter : laisser durcir le joint trop longtemps : une fois sec, une éponge ne sera pas d'une grande utilité pour oter les excès de joint. Il faudrait plutôt y aller au burin!

Si la mosaïque doit être utilisée en table, il est utile d'utiliser un protecteur de joint. C'est un liquide qui imperméabilise les joints et facilitera grandement l'entretien des surfaces. L'utilisation d'une mosaïque comme plan de travail est à proscrire pour des raisons d'entretien.


Dans les premières parties du tuto, je n'ai pas abordé un point important quand on veut réaliser une mosaïque : les côtés, si elle n'est pas encadrée d'un rebord.
Soit on laisse les morceaux tels quels :
Soit on utilise les rebords des carreaux pour faire quelque chose de très droit:

Voilà,vous savez presque tout!

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