Les gens qui passent sur ce blog me font souvent de très jolis compliments sur mes talents de bricoleuse et me demandent où j'ai bien pu apprendre tout ça.
J'ai décidé de
presque tout raconter.
On va commencer par le début...
1974 : ma naissance. Seule fille après 3 garçons. Tout le monde bricole à la maison, notamment pour des raisons budgétaires.
1979 : premier souvenir de bricolage : je fabrique une veste à ma poupée en faisant 2 trous dans un morceau de tissu. Bien vite, je trouve ça rudimentaire, la voisine qui me garde m'apprend à
coudre avec une aiguille et du fil. C'est très grossier, je n'ai que 5 ans.
1980 : ma mère m'apprend à tricoter le point mousse.
1981 : mon père m'apprend à utiliser une scie, un marteau. Nous fabriquons un petit chariot à partir d'une carcasse de fauteuil et de roues de landau. Je fabrique des petits meubles pour mes
playmobil et une maison dans un vieux poste de radio : y'a un balcon et j'ai tapissé l'intérieur avec des restes de papiers peints.
1982 : une amie couturière de mes parents m'a donné une grande caisse de tissus. Je finis par convaincre ma mère de m'apprendre à coudre à la machine.
A cette époque, je reçois une boîte à ouvrages comme cadeau de noël avec un tricotin, un tambour, un mètre ruban (que j'ai toujours)... et une poupée mannequin.
1983-1989 : mes grandes années de couture pour poupée. Je fabrique toute une garde-robe, de plus en plus évoluée.. Je fabrique aussi des pulls avec les restes de laine de ceux que tricote ma mère.
A la fin, j'ai un gros sac de voyage de vêtements, ainsi qu'une maison meublée de A à Z.
J'apprends aussi à utiliser la machine à tricoter.
1990: Trop grande pour jouer à la poupée (en fait, je n'ai jamais été capable d'y jouer, elle était un prétexte à bricoler) Je me mets au tricot à la main et à la machine, pour moi et pour ma
famille. J'apprends à faire les principaux points au crochet. Je dessine beaucoup plus aussi, je suis très influencée par la BD qui me passionne depuis longtemps. J'aide quand il y a du gros oeuvre
à la maison. Je me lance dans la sculpture avec des restes de plâtre.

Beaucoup d'interrogations sur mon avenir : secteur artistique ou médical?
Au lycée, mes loisirs sont surtout occupés par le dessin, la lecture, l'écriture et le tricot.
1992-1994 : Après mon bac, je pars à la fac de sciences. Mon esprit est occupé par autre chose que le bricolage... comme ma vie sociale par exemple. Mes seules activités créatives sont l'écriture
et le dessin.
Je passe le concours pour devenir manipulatrice en radiologie.

1994-1997 : Pas de bricolage pendant mes études, mais le lendemain de l'obtention de mon diplôme d'état, je file acheter les matériaux pour fabriquer mon tout premier meuble en taille réelle : ma
première table de salon en mosaïque.
Jusqu'à présent, hormis la laine, je n'ai toujours bricolé qu'avec ce que je trouvais chez mes parents.
1997-1998 : ma première année de travail est très galère. 3 mois de chômage puis 10 employeurs dans 4 départements. Je vis dans des FJT où je passe mes soirées à faire des vitrines miniatures.
octobre 1998 : chômage. Je commence à rêver de vivre de mes mains. Une suite de hasards me mène à une école pour devenir décoratrice étalagiste. Je me fabrique un book et je vais passer les
entretiens de recrutements, pour voir.
Je suis acceptée sans difficulté, j'obtiens même une allocation formation reclassement pour partir.
A Noël 1998, j'annonce à ma famille que je quitte mon métier et que je pars étudier à Nîmes.

1999 : pendant 9 mois, je ne pense qu'à créer des vitrines et des objets, dessiner.


J'apprends aussi à utiliser Photoshop. C'est une année stimulante
mais aussi frustrante, parce que je suis très loin de ma famille et de mes amis. Je peins quelques croûtes cette année-là...

Septembre 1999: j'obtiens mon DTS et je rentre direct en
Bretagne.
Fin 1999: fauchée et chômeuse, je vends des sapins de Noël sur un parking quand on me propose de devenir responsable de la déco dans un hypermarché dans le Morbihan.

Pour la première fois, je vis de mes mains et de mes idées, mais je gagne une misère. J'arrive à grimper des échelons parce que j'ai la gnac jusqu'à ce qu'on me fasse comprendre que je ne montrais
pas plus haut, parce que je suis une femme dans un métier d'homme (ce n'est pas dit comme ça, mais c'est bien ça).
Je finis par partir en août 2001.
Octobre 2001: je reprends la route vers le Havre où je deviens décoratrice magasins au siège d'Int*erior's. C'est un boulot génial sur le papier : créer des vitrines, des visuels catalogues,
participer aux salons professionnels comme "Maison et Objets", faire la tournée des magasins, installer de nouveaux magasins... et pourtant, c'est un cauchemar d'un bout à l'autre.

Js suis stressée, je passe ma vie sur la route, je n'ai plus aucune vie personnelle. Je craque psychologiquement...après 5 mois à plus de 70 heures/semaine, je décide de faire une longue
pause, je quitte mon travail en février 2002.
Mai 2002: un vieil ami me propose de venir faire un petit remplacement comme manipulatrice radio dans l'Orne. Ça fait alors 4 ans que j'ai quitté le milieu. J'y vais, parce que je suis
curieuse et fauchée. Là, je m'éclate. Je suis soignante, je gagne correctement ma vie et j'ai beaucoup de temps libre.
2004: je m'installe dans la Manche.
Mars 2006: je crée ce blog. La suite, vous la trouverez au fil de ces pages.
Je n'ai plus de vélléités de décoratrice. Je suis contente d'avoir réalisé mon fantasme de vivre de mes mains.
Je ne regrette rien. J'ai trouvé un équilibre entre mes 2 vies: mon travail et ma passion.